Die verkehrte Welt


Performance, 2011
Transposition du poème de Peter Handke Die verkehrte Welt (Le monde à l'envers) en actions.Chaque action donne lieu à une série de photos.


Die verkehrte Welt,texte imprimé, séries de photographies. Dimensions variables, 2011. (détail)

Die verkehrte Welt (littéralement « Le monde à l'envers ») est une performance réalisée en 2011 dans laquelle une suite d'actions forme un pendant au texte éponyme de Peter Handke.
Chacune de ces actions, retracée par une série de photos, constitue une transposition possible d’un ou plusieurs vers.

Dans ce texte, les règles de la perception sont faussées, distordues. Dans un réel troublé, une atmosphère ouatée, propre à celle des rêves, le sujet est entraîné dans un continuel passage d’un état à un autre – mais un autre inversé –voir renversé. Au cours de l’action – par son geste même, il se retrouve, devient littéralement (« werde ») l’objet de sa propre action. Ainsi l’actant est agi ; et cela à lieu dans la structure même du texte, se jouant aussi bien sur le plan sémantique que syntaxique.

Dans les actions qui constituent cette performance, un objet manipulé par le sujet change la situation, concluant à cet autre inversé, l’objet agissant sur l'auteur de l'action.

J'enfile, enlève, retourne un t-shirt sur lequel figure mon torse nu. Ainsi, à l’instar du « ich », le « je » du texte de Handke qui « […] horche nicht auf die Geräusche, sondern die Geräusche horchen auf mich ; » (ne guette pas les bruits, ce sont les bruits qui [le] guettent), Ich trage kein T-shirt, sondern der T-shirt trägt meine nackheit (Je ne porte pas de t-shirt, c’est le t-shirt qui porte ma nudité). À « Eingeschlafen wache ich auf » (Endormi je me réveille), répond angezogen trage ich meine Nackheit (habillée je porte ma nudité), et ainsi de suite... Ich bin nicht angezogen, sondern es sind meine kleider die mich ausziehen (Je ne suis pas habillée, mais ce sont mes vêtements qui me désabillent), Ich greife nach meinem T-shirt und werde getragen (Je prends mon t-shirt et suis [deviens] portée), etc.


«Eingeschlafen wache ich auf: [...] Ich gehe zum fenster und werde geöffnet. Aufgestanden liege ich da : Ich schlage die Augen nicht auf, sondern die Augen schlagen mich/auf; Ich horche nicht auf die Geräusche, sondern die Geräusche horchen/auf mich; Ich greife nicht nach den Gegenständen, sondern die Gegenstände/greifen mich an ; [...] Ich gehe mit blossen Füssen und spüre einen Stein im Schuh; Ich reisse das Pflaster von der Wunde, und die Wunde ist im Pflaster; Ich kaufe eine Zeitung und werde überflogen; Ich erschrecke jemanden zu Tode und kann nicht mehr reden; [...] »

Peter Handke, Die Verkehrte Welt, (extraits)
Ich greife nach meinem T-shirt und werde getragen ;
angezogen trage ich meine Nackheit ;
Ich bin nicht angezogen, sondern es sind meine kleider die mich ausziehen ;
Ich trage kein T-shirt, sondern der T-shirt trägt meine nackheit ;
Ich ziehe nicht das T-shirt an, sondern das T-shirt zieht mich an ;
Ich ziehe mein T-shirt an und werde nackt ;
Ich ziehe das T-shirt auf meine nackheit aus, und meine nackheit ist im T-shirt ;
Ich ziehe meiner T-shirt an und werde angehabt ;

Pendant – possibles cartels d'actions